Être l'un avec l'autre, l'un pour l'autre, toute une vie, cela suppose des compromis, mais aussi des renoncements. Bien des couples solides ont été confrontés à la souffrance de celui qui disparaît.

 

L'accompagnement n'est pas un devoir : pour ceux qui se sont vraiment aimés, il est naturel. L'idée ne vient même pas de laisser l'autre seul. Jusqu'au terme du voyage, ils veulent être deux.

Une des plus belles preuves d'amour qu'on puisse donner à quelqu'un est d'accepter de le laisser partir et de trouver en soi les ressources pour survivre.

Perdre son conjoint est à tout âge une expérience à laquelle nous ne sommes jamais préparés. Notre époque fait l'impasse sur la mort, comme si elle ne faisait plus partie de nos vies.

En Inde, les veuves se suicidaient. Autrefois, nous portions le deuil. Aujourd'hui, la mort nous fait-elle honte ? Elle est intolérable.

Quand notre amour s'en va, nous nous sentons désemparés, abandonnés, seuls au monde. Comment vivre malgré tout ?

On nous apprend à gagner, mais on ne nous apprend pas à perdre. Or la vie est une succession de changement et de pertes. Aujourd'hui, tout nous pousse à sortir au plus vite du deuil, or, nous avons besoin de vivre pleinement pour nous relever.

Tout nous rappelle la présence du disparu.

Nous vivons parmi ses affaires. Sa brosse à dents est là, comme s'il allait revenir ce soir. Nous errons dans la maison, face à l'incompréhension.

Nous ne pouvons admettre la disparition d'une personne si proche, si familière. Nous espérons un signe d'elle, mais seuls les rêves, la médiation, le réconfort d'un ami nous apaisent. Une seule chose est sûre : celui qui part nous veut heureux !

Faut-il se remarier ?

Ceux qui sont mariés depuis très longtemps se préparent à l'inéluctable. Ceux à qui la mort s'est imposée en cours de route et qui n'y sont pas préparés le vivent terriblement mal. Dans tous les cas, se pose le problème du veuvage et de remariage.

Dans certaines situations limites, le deuil se prolonge toute la vie, qui se transforme en un culte du souvenir de l'être aimé. Le conjoint devient pour le coup véritablement idéal. Il est gratifié de toutes les qualités qu'il n'avait pas de son vivant. Pour d'autres, la seule issue pour ne pas sombrer dans l'accablement est de refaire sa vie.

Notre capacité à rebondir dépend souvent de notre équilibre intérieur, de notre autonomie. Nous pourrons d'autant mieux reconstruire notre vie que nous aurons

aimée. La disparition d'un être cher est souvent le plus difficile à surmonter pour les hommes brisés par le chagrin. Les femmes réagissent souvent mieux.

À la mort de mon père, ma mère a quitté l'Alsace pour s'installer à Paris. Elle a repris contact avec ses amis d'autrefois, s'est inscrite à l'association des anciens élèves de l'école d'ingénieurs où mon père avait fait ses études, s'est mise à faire des randonnées avec eux. Son dynamiste nous a tous sidérés.

Peu de temps après, elle a rencontré son futur mari, elle est retombée amoureuse et elle s'est installée chez lui. Les femmes heureuses en ménage sont souvent plus aptes à un nouvel amour que les célibataires endurcis. Elles ont l'expérience d'une vie à deux alors que les célibataires ont plus de mal à s'adapter.

Souvent, des veufs sont tentés de se remarier, mais ils craignent de blesser leurs enfants et se sacrifient pour eux.

Si la mort nous sépare, sachons rester dans la vie, l'aimer, en profiter, nous ouvrir, nous donner des projets.

Pourquoi ne pas poursuivre le voyage avec un autre ?

- Se faire de nouveaux amis à tout âge pour rompre votre solitude !

- Célibataire : comment s’en sortir ?

- Bien-être : 50 ans ? La belle affaire !

- C'est décidé ! J'ose changer de vie.